Déployez l’adaptation au changement climatique sur vos territoires !

01 septembre 2019ContactSandra Garrigou

Le changement climatique n’épargne aucun territoire et ses impacts requestionnent notamment l’organisation socio-économique de nos sociétés. « Éviter l’ingérable, gérer l’inévitable », tel pourrait être le leitmotiv pour les collectivités territoriales en charge des politiques publiques et des démarches territoriales.
Dans le cadre de ses missions, l’AREC travaille sur ces stratégies complémentaires et interdépendantes que sont l’atténuation et l’adaptation au changement climatique. Les dernières publications dont le rapport sénatorial sur l’adaptation de la France aux dérèglements climatiques à l’horizon 2050 explicite que sur le plan climatique, les vingt à trente prochaines années sont déjà écrites dans leurs grandes lignes. Indépendamment des scenarii d’évolution des émissions de gaz à effet de serre considérés, l’élévation de la température moyenne converge à un peu plus de 1°C d’ici 2050 en France métropolitaine. Pour autant, les actions mises en œuvre sur le volet atténuation peuvent radicalement changer l’avenir du climat dans la seconde partie du siècle.


Longtemps, l’engagement climatique s’est concentré sur la réduction de nos consommations d’énergie et des émissions de gaz à effet de serre, probablement parce que ces leviers opérationnels sont clairement identifiés, quantifiables et le retour sur investissement mesurable. L’adaptation au changement climatique constitue le parent pauvre des démarches plans climat, car agir en ce domaine se révèle d’une certaine complexité notamment par le champ disciplinaire couvert, la capacité à évaluer les besoins des financements ou le changement de paradigme qu’il présuppose (transversalité des politiques publiques, gestion adaptative…). Cependant, les impacts climatiques sont déjà visibles en France et vont continuer à s’amplifier : trois des quatre vagues de chaleur les plus intenses se sont produites après 1981, avec notamment des modifications calendaires sur la survenance de ces aléas (précocité des événements comme la canicule de juin 2019).


Pour les collectivités territoriales, intégrer l’adaptation au changement climatique dans le cadre de leurs politiques publiques devient incontournable. Elles sont invitées, comme le définit le GIEC, à s’inscrire dans « une démarche d’ajustement au climat actuel ou attendu, ainsi qu’à ses conséquences ». En somme, dans le cadre des projets d’aménagement, de mobilité, de fonctionnement des services urbains ou dans le cadre des politiques sociales, économiques portées par ses soins, une relecture de ces actions sous le prisme de l’adaptation s’impose. Par effet collatéral, cette relecture participe à la résilience territoriale (capacité d’un territoire d’anticiper, réagir et s’adapter pour se développer durablement quelles que soient les perturbations auxquelles il doit faire face, le changement climatique en étant une des composantes).


La région francilienne est d’ores et déjà particulièrement sensible aux vagues de chaleur (d’ici la fin du siècle, potentiellement 3 mois de mise en alerte canicule), aux crues d’orage, à l’élévation des températures moyennes, aux modifications du régime des précipitations générant / amplifiant des problématiques sanitaires, des phénomènes de retrait gonflement des argiles, des inondations par ruissellement, des impacts sur les milieux et les espèces, des sécheresses sévères des sols. Pour les collectivités franciliennes, porter une stratégie territoriale sur l’adaptation au changement climatique nécessite alors une compréhension des concepts, un accès aux données climat pour apprécier et anticiper l’ampleur des changements et une compréhension des enjeux sur leurs territoires à l’aide d’études spécifiques et outils cartographiques pour calibrer au mieux les actions déployées.


Les experts de l’AREC et de L’Institut Paris Region sont aux côtés des collectivités territoriales pour les accompagner en ce domaine. Les ateliers territoriaux de sensibilisation sur l’adaptation au changement climatique en sont une illustration. L’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines a répondu positivement à cette initiative. Ce temps de travail collectif a permis d’apporter une nouvelle lecture du plan d’actions de leur PCAET. Au-delà de l’aspect technique, l’atelier a été perçu comme un facilitateur pour faire jouer la transversalité organisationnelle (entre les services) et la transversalité territoriale (articulation entre les communes et l’intercommunalité). Ce travail expérimental doit se poursuivre pour notamment faciliter la concrétisation de l’adaptation au changement climatique sur les territoires franciliens.