La sobriété énergétique, de la conception à l’usage

Retour sur l’atelier du 19 décembre 2019

17 janvier 2020

La sobriété énergétique est l’un des trois piliers de la stratégie régionale énergie climat avec la production d’énergies renouvelables et la réduction de la dépendance énergétique pour tendre vers une région 100 % ENR et zéro carbone en 2050.
Le plan de mobilisation pour la transformation écologique de l’Île-de-France d’ici 2024 présenté le 31 octobre dernier par l’exécutif régional réaffirme la place prépondérante de la sobriété pour l’atteinte des objectifs.

Cet atelier sur la sobriété énergétique proposé par l’AREC îdF était le premier d’une série qui se poursuivra en 2020.

L’objectif de cette matinée était de s’approprier le sujet, de créer une culture commune et de commencer à imaginer ensemble une sobriété choisie pour l’Île-de-France.

Comment définir la sobriété énergétique ? Comment la mettre en œuvre ? Pour quelles cibles ? Avec quels outils ? Quelle place pour une politique de sobriété ? Avec quels acteurs ?

Définitions des sobriétés, nécessité d’une approche collective, Julien Camacho du CLER

Il faut rendre la sobriété désirable. C’est malheureusement le parent pauvre des politiques; peu de dispositifs de sobriété sont mis en œuvre. Dans le Scenario négaWatt, la sobriété est le 1er pilier de la transition.

Il faut décorréler l’efficacité (la technique) de la sobriété (le comportement). La sobriété consiste à réduire la consommation d’énergie par des changements de comportement et non par l’achat d’équipements plus efficaces.

Il faut en réalité parler des sobriétés :

• la sobriété structurelle, qui consiste à créer, dans l’organisation de l’espace ou de nos activités, les conditions d’une modération de notre consommation (par exemple l’aménagement du territoire en vue de réduire les distances à parcourir pour accéder au travail, aux commerces etc.) ;

• la sobriété dimensionnelle, qui concerne le bon dimensionnement des équipements

par rapport à leurs conditions d’usage (par exemple l’utilisation de véhicules adaptés, en poids, volume et puissance, aux usages de déplacements de proximité et de déplacements inter-urbains, véhicules « intelligents ») ;

• la sobriété d’usage, qui porte sur la bonne utilisation des équipements en vue d’en réduire la consommation (par exemple l’extinction des veilles, ou la limite de vitesse sur route, ou encore l’extension de la durée de vie des équipements, le programme défi famille à énergie positive / Declic) ;

• la sobriété conviviale ou coopérative, qui relève d’une logique de mutualisation des équipements et de leur utilisation (par exemple les formules d’autopartage, ou l’encouragement à la cohabitation dans les logements ou les espaces de travail) auquel on peut associer aussi partage de connaissances et de savoir-faire.


Comment rendre la sobriété désirable ?

Les actions individuelles (stratégie petit pas) ne suffiront pas, cf le rapport Carbone 4 au Sommet virtuel du climat. Pour faire de grands pas, il faut passer à une échelle collective, à une dimension politique.

Il faut favoriser l’évolution des modes de vie car le plus gros levier de sobriété est l’alimentation ; il y a également les déchets, le transport.

Il faut travailler autour des représentations, des normes sociales ; il faut donner les moyens du changement pour que les individus soient à l’initiative. Il faut tisser une demande partagée.

Une piste intéressante pourrait être d’enseigner dès l’école, le fonctionnement d’un bâtiment.

Il faut que le déclic soit à la fois individuel et collectif. A ce sujet, l’initiative Declic qui associe plateforme numérique et méthodologie d’animation est une démarche intéressante. Ce type de démarche doit également s’inscrire dans le temps et nécessite une période de « chauffe » pour accroitre le taux d’ancrage.

Inventer le récit d’une sobriété énergétique choisie en Île-de-France, Patrick Behm du labo ESS

La sobriété est un problème sociétal qui se heurte à nos résistances et nos appétences au changement.

Quelles pistes d’actions pour inciter, pour mobiliser ?

  • le Défi famille à énergie positive, les nudges pour pousser les gens à avoir des comportements différents
  • la tarification progressive
  • le quota carbone individualisé : au niveau individuel, le prix ne reflétant pas l’empreinte carbone, l’idée est de mettre en place une carte carbone (crédit carbone) en complément de la carte de crédit. (exemples : Londres en 2012 et greencard Corée du Sud)

 

Il faut aussi parler de :

  • sobriété alimentaire : circuits courts, AMAP, Ruche qui dit oui, applications telles que Too good to go, frigos solidaires, etc.).
  • sobriété matérielle : faire appel aux low tech
  • sobriété numérique : tous les 18 mois, la quantité d’énergie nécessaire pour faire un calcul est divisée par 2 mais le numérique est de plus en plus utilisé.

 

Il manque un récit qu’il faut créer. La sobriété doit être présentée comme porteuse de progrès et de transformation sociétale. On peut par exemple s’inspirer de la sobriété heureuse du mouvement Colibris ou des slow cities.

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