Métabolisme à tous les étages

14 décembre 2019ContactThomas Hemmerdinger

Dans un contexte de changement climatique et de raréfaction des ressources, les territoires s’interrogent de plus en plus quant à leur dépendance aux ressources critiques nécessaires à leur fonctionnement (combustibles fossiles, eau, produits agricoles, granulats, etc.).
Pour ce faire, les acteurs des territoires peuvent réaliser des études de métabolisme urbain.

Outil clé de diagnostic de l’économie circulaire territoriale, le métabolisme urbain correspond à l’ensemble des flux de matières et d’énergie mis en jeu par le fonctionnement d’un territoire et de ses acteurs. Il considère les flux entrants (importations), l’extraction locale (production locale de ressources), le recyclage local (boucles locales de ressources), la pollution générée par les activités (émissions dans l’air, eau, sol, production de déchets) et les flux sortants (exportations). Il permet ainsi de qualifier un territoire par rapport à une économie circulaire.

 

L’AREC et L’Institut suivent de près les études de métabolisme urbain réalisées en Île-de-France. Dans le cadre du Comité francilien de l’économie circulaire, un groupe de travail sur le métabolisme urbain a été organisé le 19 novembre 2019.

Ce groupe de travail, réunissant collectivités, acteurs de la recherche et partenaires institutionnels, a permis de faire le point sur les études réalisées, les données et méthodes et leurs inscriptions dans des stratégies territoriales d’économie circulaire.
Les études existantes sont menées à l’échelle de quartier en réaménagement (ZAC des Ardoines à Vitry-sur-Seine), à l’échelle communale ou intercommunale (Paris, Cœur Essonne Agglomération, Est Ensemble, Plaine Commune), à l’échelle régionale ou  portent sur certains flux de matières (azote, matériaux de construction).
La Métropole du Grand Paris s’engage également dans cette dynamique en créant avec l’IFSTTAR une chaire de recherche économie circulaire et métabolisme territorial, inaugurée le 9 septembre 2019.

En parallèle, l’AREC accompagne la Région Île-de-France dans l’élaboration de sa stratégie régionale économie circulaire. Dans ce cadre, l’AREC et L’Institut Paris Region sont missionnés pour préfigurer un observatoire régional des ressources. Le suivi des études de métabolisme urbain permet de nourrir cette réflexion. Plusieurs notes rapides ont été publiés ces derniers mois pour valoriser plusieurs travaux : le bilan de flux de matières de l’Île-de-France pour l’année 2015, le métabolisme urbain pour les documents de planification urbaine et l’Ecole d’été Villes, Territoires et économie circulaire.

Enfin, les enjeux de métabolisme urbain ont été également mis en avant lors des 40e Rencontres de la FNAU (Fédération nationale des agences d’urbanisme), organisées du 6 au 8 novembre 2019.
Avec les agences d’urbanisme de Lille, Rennes, Grenoble et Nancy, l’AREC et L’Institut Paris Region ont copiloté un atelier sur le métabolisme urbain, associé à deux visites. L’atelier a traité de l’économie circulaire au niveau local et a fait du métabolisme un axe central pour relier les territoires entre eux et développer des coopérations multi acteurs autour des enjeux de ressources.