Le nouveau Plan climat de la Métropole du Grand Paris adopté en partenariat avec l’Institut Paris Region

19 mai 2026Sophie Dedieu

Le 20 février 2026, le conseil de la Métropole du Grand Paris (MGP) a adopté la révision de son Plan climat air énergie métropolitain (PCAEM) pour la période 2026-2032. Ce document stratégique constitue la feuille de route de l’action métropolitaine en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, de transition énergétique et d’adaptation au changement climatique. Il concerne un territoire de plus de 7 millions d’habitants répartis dans 12 Établissements Publics territoriaux et 130 communes, soit environ 60 % de la population francilienne

La révision du plan intervient dans un contexte d’intensification des politiques climatiques et vise à renforcer la trajectoire de décarbonation du territoire tout en structurant l’action des collectivités locales et des acteurs économiques. 

Ainsi, le plan s’organise autour d’un programme opérationnel comprenant 42 chantiersprioritaires et plus de 150 actions, couvrant la rénovation énergétique du parc bâti, le développement des énergies renouvelables et de récupération, la transformation des mobilités et l’adaptation du territoire aux impacts du changement climatique.  

Membre de l’Institut Paris Region depuis le 15 novembre 20219, les collaborations se sont développées et approfondies au cours des années.

Un territoire dense confronté à des enjeux climatiques majeurs 

À l’échelle régionale, le territoire métropolitain représente environ 13,5 millions de tonnes équivalent CO₂ d’émissions annuelles. Les données issues du ROSE disponibles pour tous les territoires franciliens, via son outil Energif, permettent aujourd’hui de mieux caractériser les dynamiques territoriales en matière d’énergie et d’émissions. 

Dans la métropole dense du Grand Paris, les principaux postes d’émissions sont liés : 

  • Au secteur du bâtiment (résidentiel et tertiaire), fortement consommateur d’énergie pour le chauffage ; 
  • Aux transports routiers, en particulier dans les secteurs encore dépendants de la voiture individuelle ; 
  • Aux activités économiques, notamment dans le tertiaire et la logistique. 

La densité urbaine et la concentration des fonctions métropolitaines accentuent également les vulnérabilités climatiques, notamment face aux vagues de chaleur et aux phénomènes d’îlots de chaleur urbains. 

Ainsi sur le plan de l’adaptation, le PCAEM prévoit des mesures concrètes : adaptation du bâti existant pour améliorer le confort thermique, ouverture de zones de rafraîchissement, plantation de 100 000 arbres d’ici 2030, renaturation de cours d’eau et consolidation des dispositifs de gestion des risques. Le plan vise ainsi à protéger les populations, protéger et restaurer les milieux naturels, et garantir la continuité des services collectifs.  

Chiffres-clés climat-énergie en Île-de-France

(Source : Airparif & AREC Île-de-France (ROSE))

  • ≈ 30 MTeqCO₂ d’émissions de gaz à effet de serre par an en Île-de-France. 
  • ≈ 2,4 teqCO₂ par habitant, un niveau inférieur à la moyenne nationale mais encore éloigné de la trajectoire de neutralité carbone. 
  • Le bâtiment représente près de 70 % de la consommation énergétique régionale, principalement liée au chauffage des logements et des bureaux. 
  • Les transports constituent l’un des principaux postes d’émissions, avec un poids important de la mobilité routière. 
  • Les énergies renouvelables et de récupération couvrent une part encore limitée de la consommation énergétique régionale, mais leur développement progresse, notamment au travers des réseaux de chaleur, et de certaines filières comme les géothermies, le bois-énergie ou encore le solaire photovoltaïque. 

Chiffres-clés climat-énergie MGP

(Source : Airparif & AREC Île-de-France (ROSE))

  • ≈ 13,5 MTeqCO₂ d’émissions de gaz à effet de serre par an dans la MGP. 
  • ≈ 1,9 teqCO₂ par habitant, un niveau inférieur à la moyenne nationale mais encore éloigné de la trajectoire de neutralité carbone. 
  • Le bâtiment représente près de 80 % de la consommation énergétique métropolitaine, principalement liée au chauffage des logements et des bureaux. 
  • Les transports constituent l’un des principaux postes d’émissions, avec un poids important de la mobilité routière. 
  • Les énergies renouvelables et de récupération couvrent une part encore limitée de la consommation énergétique métropolitaine, mais leur développement progresse, notamment au travers des réseaux de chaleur, et de certaines filières comme les géothermies, le bois-énergie ou encore le solaire photovoltaïque. 

Ces indicateurs territoriaux permettent de suivre les dynamiques énergétiques et climatiques à différentes échelles territoriales et d’éclairer la mise en œuvre des stratégies climat-énergie. 

Renforcer la trajectoire vers la neutralité carbone 

Le PCAEM 2026-2032 fixe des objectifs alignés avec la trajectoire nationale de neutralité carbone. À l’horizon 2050, la Métropole du Grand Paris vise notamment : 

  • Une réduction de plus de 90 % des émissions de gaz à effet de serre (scopes 1 et 2) par rapport à 2005 ; 
  • Une diminution d’environ 55 % de la consommation d’énergie finale 
  • Une part de 48 % d’énergies renouvelables et de récupération locales dans le mix énergétique du territoire en 2050. 

Ces objectifs reposent sur une transformation profonde du système énergétique urbain, mais aussi sur l’évolution des modes de mobilité et des pratiques d’aménagement. 

Accélérer les énergies renouvelables urbaines 

Pour atteindre cette part de 48 % d’énergies renouvelables et de récupération locales, le PCAEM fixe comme objectif de multiplier par trente la production photovoltaïque métropolitaine d’ici 2030. Parmi les mesures structurantes figurent notamment l’équipement des toitures d’équipements publics et d’infrastructures urbaines (écoles, équipements sportifs, parkings). Cette orientation s’inscrit dans une stratégie globale de diversification des sources d’énergie renouvelable adaptée à un territoire fortement urbanisé. 

Le développement des réseaux de chaleur constitue également un levier important pour réduire la dépendance aux énergies fossiles, en particulier dans les secteurs denses. 

Transformer les mobilités et améliorer la qualité de l’air 

La transformation des mobilités constitue l’un des trois axes stratégiques du nouveau plan climat métropolitain, en lien direct avec l’objectif d’atténuation des émissions et celui d’amélioration de la qualité de l’air sur le territoire. Dans ce cadre, le PCAEM 20262032 fixe des objectifs quantifiés à moyen terme : atteindre 12 % de part modale du vélo d’ici 2028 et déployer 260 km d’aménagements cyclables structurant les déplacements doux à l’échelle métropolitaine, ainsi que porter à 20 % la part des véhicules particuliers électriques dans le parc automobile métropolitain d’ici 2030. Ces orientations sont accompagnées d’une ambition sur l’amélioration de la qualité de l’air, en visant le respect des dernières exigences réglementaires environnementales applicables, ce que traduit l’articulation des politiques climat, mobilité et santé environnementale dans la feuille de route métropolitaine.  

Adapter la métropole aux effets du changement climatique 

Au-delà de l’atténuation, l’adaptation au changement climatique constitue un axe stratégique croissant des politiques territoriales métropolitaines. Les travaux de l’OFACC soulignent une intensification attendue des vagues de chaleur et une vulnérabilité accrue des populations et des infrastructures. 

Pour y répondre, le PCAEM 20262032 décline des mesures visant à renforcer la résilience de la métropole. L’accent est mis sur le confort thermique et la réduction de la vulnérabilité, par l’adaptation du bâti existant et le développement d’espaces de rafraîchissement, notamment via l’ouverture de nouvelles zones de baignade. La stratégie promeut également la nature en ville, avec des objectifs ambitieux de plantation de 100 000 arbres d’ici 2030 et de renaturation de plusieurs kilomètres de cours d’eau. Enfin, la continuité des services essentiels et la prévention des crises sont renforcées grâce à la consolidation des dispositifs de gestion des risques, en particulier face aux inondations, afin d’assurer la protection des populations et des infrastructures métropolitaines. 

Cette approche combine aménagement, solutions fondées sur la nature et gestion des risques pour accroître la capacité de la métropole à faire face aux événements climatiques extrêmes tout en améliorant la qualité de vie des habitants. 

Adaptation : un territoire métropolitain exposé aux vagues de chaleur

Les projections climatiques montrent une intensification progressive des phénomènes de chaleur en métropole  : 

  • Augmentation de la fréquence et de l’intensité des vagues de chaleur au cours du XXIᵉ siècle avec par exemple une multiplication par 5 des nuits tropicales en moyenne ; 
  • Allongement de la durée des épisodes chauds estivaux avec par exemple une multiplication par trois des jours à plus de 30° en moyenne ; 
  • Renforcement des îlots de chaleur urbains, particulièrement dans les territoires fortement urbanisés comme la Métropole du Grand Paris. 

Ces évolutions climatiques renforcent les enjeux d’adaptation des territoires urbains, notamment à travers : 

  • La végétalisation et la renaturation des espaces urbains
  • L’amélioration du confort thermique des bâtiments et de l’espace public
  • L’intégration des enjeux climatiques dans les projets d’aménagement. 

Un outil de coordination des politiques climatiques métropolitaines 

Dans le paysage institutionnel francilien, le PCAEM s’inscrit dans un cadre de planification plus large, notamment celui du Schéma Directeur de la Région Île-de-France (SDRIF-E), qui fixe les grandes orientations d’aménagement du territoire régional. Il contribue également à la mise en œuvre territoriale des politiques énergie-climat régionales, alors que le Schéma Régional Climat-Air-Énergie (SRCAE) fait actuellement l’objet d’une révision. 

À ce titre, les observatoires régionaux – notamment le ROSE pour l’énergie et les émissions de gaz à effet de serre et l’OFACC pour l’adaptation – jouent un rôle central pour suivre les trajectoires territoriales et objectiver les dynamiques locales

Dans ce contexte, la production et le partage d’indicateurs territoriaux constituent un levier essentiel pour suivre les trajectoires climat-énergie et objectiver les dynamiques locales. La révision du plan climat métropolitain s’est ainsi accompagné d’un renforcement des coopérations entre la Métropole du Grand Paris et les acteurs régionaux de l’observation territoriale. 

Observation territoriale et gouvernance : une coopération renforcée avec l’Institut Paris Region 

En amont de l’élaboration du PCAEM, l’Institut Paris Region a contribué à la réalisation d’un prédiagnostic climat-énergie fondé sur les données territoriales qu’il produit et consolide à l’échelle régionale. Ce travail a permis de dresser un premier état des lieux des dynamiques énergétiques et climatiques du territoire métropolitain, et d’identifier les principaux leviers d’action à l’échelle de la métropole. 

Cette coopération s’inscrit également dans le cadre du ROSE, la Métropole du Grand Paris y occupant une place renforcée en tant que partenaire privilégié, en participant à la gouvernance du dispositif et en étant membre du comité de pilotage du réseau. Cette implication contribue à consolider la production d’indicateurs territoriaux harmonisés, indispensables au suivi des politiques climat-énergie. 

Enfin, il est à noter que l’Institut et la Métropole ont engagé en 2024 une démarche de co-construction d’un socle de référence d’indicateurs climat-énergie, destiné à être partagé avec les EPT. L’objectif est de mettre à disposition des territoires infra-métropolitains un premier niveau commun de suivi et d’analyse, permettant d’objectiver les trajectoires locales et de renforcer la cohérence des politiques climatiques à l’échelle métropolitaine. Ce socle est disponible à la demande pour des intercommunalités élaborant leur plan climat. 

Au-delà du seul cadre du PCAEM, cette démarche illustre l’importance des dispositifs d’observation territoriale pour éclairer la décision publique et accompagner la mise en œuvre des stratégies de transition écologique. 

Des enjeux de taille pour la mise en œuvre

La mise en œuvre du PCAEM 2026-2032 soulève des défis majeurs, tant par l’ampleur des transformations à engager que par la complexité du territoire métropolitain. La massification de la rénovation énergétique, le développement des énergies renouvelables et de récupération dans un tissu urbain dense, la transformation des mobilités ou encore la renaturation des espaces urbains sont autant de chantiers structurants qui mobiliseront les acteurs publics, les entreprises et les habitants. Au-delà de ces enjeux techniques, la réussite du plan repose sur la capacité à articuler stratégies métropolitaines et dynamiques locales, en assurant cohérence et suivi régulier à travers des indicateurs partagés et des dispositifs d’observation. 

Par ailleurs, la métropole est confrontée à une vulnérabilité croissante aux vagues de chaleur et aux événements extrêmes, ce qui rend la résilience territoriale et la continuité des services essentiels un enjeu central. La question n’est plus seulement de limiter les émissions de gaz à effet de serre, mais de préparer un territoire capable de faire face à des aléas climatiques intensifiés, tout en maintenant la qualité de vie et la sécurité des habitants. Dans ce contexte, la mise en œuvre du PCAEM constitue un levier stratégique pour expérimenter des solutions intégrées, renforcer la coordination des acteurs et anticiper les arbitrages futurs, alors que les orientations du SRCAE révisé viendront préciser les priorités régionales à l’horizon 2026-2032. 

Contact

Sophie DEDIEU
Chargée de projets Plans climat, AREC / Institut Paris Region
sophie.dedieu@ institutparisregion.fr

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